Un artisan préparant sa charcuterie maison avec des saucissons dans une cuisine traditionnelle, illustrant comment faire sa charcuterie maison comme autrefois.

Comment faire sa charcuterie maison comme autrefois

Faire sa charcuterie maison : les secrets pour réussir comme un artisan

Un savoir-faire ancestral qui revient à la mode

Avant l’ère des réfrigérateurs, nos ancêtres avaient développé des méthodes ingénieuses pour conserver la viande : salage, séchage, fumage, cuisson douce, graisse, fermentation… La charcuterie maison n’était pas un luxe, mais une nécessité pour assurer des provisions tout l’hiver.

Aujourd’hui, cet art culinaire fait son grand retour, à la fois pour le goût unique des produits maison, pour la satisfaction de créer soi-même et pour se préparer à l’autonomie alimentaire.

Histoire de la charcuterie

La charcuterie a toujours été au cœur de la gastronomie européenne, particulièrement en France. Chaque ferme possédait son “charcutier” familial. Rien ne se perdait : le gras servait aux rillettes, la tête aux pâtés, le jambon était séché, le sang transformé en boudin.

Les régions comme Bayonne, Savoie, Alsace ou Corse sont restées célèbres pour leurs traditions charcutières. Aujourd’hui, faire sa charcuterie permet de retrouver ces gestes anciens et de contrôler la qualité de sa nourriture.

Pour en savoir plus sur l’histoire de la charcuterie : Wikipedia - Charcuterie

Pourquoi faire sa charcuterie maison ?

Faire sa charcuterie maison, ce n’est pas seulement une question de goût. C’est une façon de renouer avec les traditions, de contrôler la qualité des ingrédients et de se détacher de l’industrie alimentaire. Vous savez exactement ce que vous mangez, vous redécouvrez les vraies saveurs et vous pouvez personnaliser vos recettes selon vos envies. Et, avouons-le, rien ne surpasse la fierté de sortir son propre saucisson du garde-manger !

Charcuterie maison et santé : que faut-il savoir ?

Contrairement à la charcuterie industrielle, la version maison ne contient ni nitrite ajouté ni conservateurs artificiels. En choisissant de bons ingrédients, vous limitez le sel, les additifs et les graisses saturées. Le tout est de respecter les règles d’hygiène et de température pour une conservation sûre.

La viande à choisir

La qualité de la viande est la base de toute charcuterie réussie :

  • Porc : idéal pour saucisson, jambon, boudin et rillettes.
  • Canard / oie : parfait pour rillettes et pâtés de fêtes.
  • Bœuf / gibier : adapté au séchage et aux jerky maison.
  • Foie gras : pour Noël et occasions spéciales.

Préférez des viandes fraîches, locales et issues d’élevages responsables. Évitez la viande industrielle trop maigre, elle donnera des résultats décevants.

Pour plus de conseils sur la qualité de la viande : Guide viande de qualité

Les procédés de base de la charcuterie maison

1. Salage

Le salage est la première étape de conservation de la viande

Le salage est la première étape de conservation :

  • Salage sec : frotter la viande avec du sel et éventuellement des épices. Laisser reposer plusieurs jours au frais.
  • Saumure : immerger la viande dans un mélange eau + sel + sucre + épices. Idéal pour jambons, magrets et foie gras.

Astuce : Pour un jambon sec, utiliser environ 40 g de sel par kilo de viande. Plus d’infos sur le salage : Journal des Femmes - Salage de la viande

2. Séchage

Le séchage de la viande  consiste à suspendre la viande dans un lieu sec, ventilé et frais (10–15 °C).

Le séchage consiste à suspendre la viande dans un lieu sec, ventilé et frais (10–15 °C). La durée varie de 2 semaines à plusieurs mois selon la taille des pièces.

  • Retourner régulièrement la viande pour uniformiser le séchage.
  • Protéger des insectes et de la poussière.
  • Idéalement, utiliser un filet ou un séchoir artisanal.

3. Fumage

Le fumage pour la viande ajoute une protection et un goût unique :Fumage à froid (20–30 °C) : pour saucissons et jambons secs.Fumage à chaud (60–80 °C) : pour lard, bacon, pâtés fumés. Bois recommandé : hêtre, chêne, pommier

Le fumage ajoute une protection et un goût unique :

  • Fumage à froid (20–30 °C) : pour saucissons et jambons secs.
  • Fumage à chaud (60–80 °C) : pour lard, bacon, pâtés fumés.
  • Bois recommandé : hêtre, chêne, pommier.

Pour apprendre les bases du fumage à froid : Permaculture France - Fumage

4. Cuisson douce / confit

Cuisson douce / confit Indispensable pour les rillettes, pâtés et confits. Cuisson lente (90–100 °C) dans la graisse ou au bain-marie.

Indispensable pour les rillettes, pâtés et confits. Cuisson lente (90–100 °C) dans la graisse ou au bain-marie.

  • Effilocher la viande et recouvrir de graisse pour une conservation longue.
  • Cuire dans un récipient hermétique pour éviter le contact avec l’air.

5. Fermentation (optionnelle)

fermentation de la viande méthode

Particulièrement pour les saucissons secs et certains jambons. La fermentation développe des arômes et aide à la conservation. Elle nécessite un contrôle strict de température et d’humidité.

En savoir plus sur la fermentation : INRAE - Fermentation des aliments

Les erreurs à éviter quand on débute

  • Ne pas saler assez : la conservation dépend du sel.
  • Sécher dans un lieu trop chaud ou trop humide.
  • Utiliser de la viande trop maigre : elle devient sèche et dure.
  • Ignorer la température lors du fumage.
  • Négliger la stérilisation des bocaux.

Recettes détaillées

1. Boudin noir au porc

boudin noir et pommes cuisinées
  • 500 g de sang de porc frais
  • 250 g de gras de porc haché
  • 1 oignon moyen émincé
  • 2 gousses d’ail hachées
  • 1 c. à café de sel
  • ½ c. à café de poivre noir
  • ¼ c. à café de noix de muscade
  • Boyaux naturels
  1. Faire revenir l’oignon et l’ail dans un peu de graisse jusqu’à ce qu’ils soient translucides.
  2. Mélanger le sang, le gras, le sel, poivre et muscade.
  3. Incorporer les oignons et l’ail refroidis.
  4. Rincer les boyaux et les tremper 30 min.
  5. Remplir les boyaux sans surcharger, piquer délicatement pour chasser l’air.
  6. Cuire dans eau frémissante 20 min à 75–80 °C.
  7. Refroidir puis conserver 7–10 jours au réfrigérateur.

2. Rillettes d’oie ou de canard

Rillettes d’oie ou de canard dans un saladier avec tranches de pain et cornichon
  • 1,5 kg de cuisses d’oie ou de canard
  • 20 g de sel
  • 5 g de poivre
  • 2 feuilles de laurier
  • 500 g de graisse d’oie ou de canard
  1. Couper la viande en morceaux réguliers.
  2. Assaisonner et laisser reposer 2 heures.
  3. Mettre dans cocotte, couvrir de graisse fondue.
  4. Cuire doucement 3–4 heures à 80–90 °C.
  5. Effilocher la viande, recouvrir de graisse dans bocaux stérilisés.
  6. Conserver 2–6 mois au frais.

3. Pâté de canard

Pâté de canard avec tranches de pain , cornichon et confiture
  • 500 g de cuisses de canard désossées
  • 200 g de foie de canard
  • 100 g de lard gras
  • 1 c. à café de sel
  • ½ c. à café de poivre
  • 1 pincée de noix de muscade
  • 1 c. à soupe de cognac ou porto
  • 1 terrine avec couvercle
  1. Hacher cuisses et lard, ajouter foie.
  2. Assaisonner avec sel, poivre, muscade, alcool.
  3. Remplir terrine et lisser.
  4. Cuire au bain-marie 1 h à 90–95 °C.
  5. Refroidir, couvrir et conserver 2–3 semaines au frigo.

Pour faire également vos confiture maison je vous invite à lire notre article de blog : Confitures maison : recettes, astuces et ustensiles |Ustensile de chef

4. Foie gras maison

Foie gras maison accompagné de pain toasté et de confiture de figue
  • 500 g de foie gras cru de canard
  • 10 g de sel
  • 2 g de poivre
  • 2 g de sucre
  • 2 c. à soupe d’alcool (armagnac, cognac)
  1. Dénerver le foie.
  2. Masser avec sel, poivre, sucre et alcool.
  3. Mettre dans terrine et cuire 40–45 min au bain-marie 60–65 °C.
  4. Recouvrir et conserver 1–3 mois au réfrigérateur.

5. Saucisson sec maison

Saucisson sec maison

  • 1 kg de porc maigre et gras (50/50)
  • 20 g de sel
  • 5 g de poivre
  • 1 g de noix de muscade
  • Boyaux naturels
  1. Hacher la viande et mélanger avec sel, poivre, muscade.
  2. Remplir les boyaux et piquer.
  3. Fermenter 24–48 h à température contrôlée.
  4. Suspendre 3–6 semaines dans lieu sec et ventilé.

6. Viande séchée type jerky

Viande séchée type jerky

  • 500 g de viande maigre (bœuf, cerf, sanglier)
  • 30 ml de sauce soja
  • 1 c. à soupe de sucre brun
  • 1 c. à café de poivre
  • Épices au choix (paprika, chili)
  1. Couper en fines lamelles.
  2. Mariner 4–6 h avec sauce soja, sucre, épices.
  3. Sécher au four 60–70 °C pendant 4–6 h en retournant régulièrement.
  4. Conserver hermétiquement jusqu’à 6 mois.

Idée d’utilisation – Créez votre plateau de charcuterie maison

Une fois vos recettes prêtes, pourquoi ne pas composer un magnifique plateau gourmand ? Mélangez vos saucissons, pâtés, rillettes et foie gras avec des fromages, cornichons et pains variés. C’est parfait pour un apéritif rustique, une soirée entre amis ou un cadeau artisanal fait maison.

Et pour sublimer votre présentation, découvrez nos planches à découper en bois et nos couteaux de cuisine professionnels sur Ustensile de chef.

Tableau comparatif : viandes, techniques et conservation

Viande Technique Durée de conservation Astuce
Porc (jambon, saucisson) Salage + séchage ± fumage 2–12 mois Bien grasse, suspendre ventilé
Porc (boudin noir) Cuisson douce + assaisonnement 7–10 jours frigo Ne pas trop remplir les boyaux
Canard / oie (rillettes) Cuisson douce + confit 2–6 mois Recouvrir entièrement de graisse
Canard (pâté) Cuisson douce 2–3 semaines frigo Terrine hermétique et stérilisation
Foie gras Salage + cuisson douce 1–3 mois frigo Dénerver, bain-marie précis
Bœuf / gibier (jerky) Salage + séchage 1–6 mois Découpe fine, marinade épicée


Le matériel indispensable pour se lancer

Avec ce kit de base, vous pouvez déjà réaliser la majorité des recettes traditionnelles en toute sécurité.

FAQ – Charcuterie maison

1. Quelle viande choisir pour débuter la charcuterie maison ?

Le porc est idéal pour commencer : il est gras, facile à travailler et donne de bons résultats pour saucissons, boudins et rillettes. Pour les recettes plus avancées, on peut utiliser canard, oie, bœuf ou gibier.

2. Quelle est la différence entre salage sec et saumure? 

Le salage sec consiste à frotter la viande avec du sel et des épices, tandis que la saumure immerge la viande dans un mélange d’eau, sel, sucre et épices. Le sec est idéal pour jambons et saucissons ; la saumure pour magrets et foie gras.

3. Combien de temps faut-il laisser sécher un saucisson maison ?

Selon la taille et l’humidité, il faut compter entre 3 et 6 semaines. Le saucisson doit être sec mais encore légèrement souple.

4. Peut-on faire du boudin noir sans porc ?

Oui, il existe des variantes avec sang de canard ou sang de bœuf, mais le goût sera différent. L’essentiel est d’avoir un gras de bonne qualité pour la texture.

5. Comment conserver les rillettes maison ?

Dans des bocaux stérilisés et recouvertes de graisse fondue, elles se conservent 2 à 6 mois au réfrigérateur. Toujours vérifier qu’il n’y a pas de moisissures avant consommation.

6. Quelle température idéale pour le fumage à froid ?

Le fumage à froid se fait entre 20 et 30 °C, parfait pour saucissons et jambons secs. Il ne doit pas cuire la viande.

7. Quelle différence entre fumage à chaud et à froid ?

Le fumage à chaud (60–80 °C) cuit légèrement la viande, idéal pour bacon ou pâtés fumés. Le fumage à froid (20–30 °C) conserve et parfume sans cuire.

8. Peut-on congeler la charcuterie maison ?

Oui, la plupart des préparations se congèlent, sauf celles en fermentation. Bien emballer sous vide ou en film alimentaire pour éviter le dessèchement.

9. Comment savoir si un saucisson est prêt à être consommé ?

Il doit être sec à l’extérieur, ferme mais légèrement souple à l’intérieur. L’odeur doit être agréable, sans moisissure suspecte.

10. Peut-on faire du foie gras maison sans cuisson ?

Non, pour des raisons sanitaires, il faut cuire le foie gras au bain-marie ou au four doux pour tuer les bactéries.

11. Quels sont les principaux risques liés à la charcuterie maison ?

Contamination bactérienne, mauvaises fermentations, sous-salage ou stockage incorrect. Respecter les règles d’hygiène et les températures est crucial.

12. Quels ustensiles sont indispensables ?

Terrines, cocottes, saladier inox, couteau bien affûté, thermomètre, hygromètre, torchons propres, boyaux naturels, bocaux stérilisés.

13. Quelle est la différence entre pâté et terrine ?

Le pâté est une préparation hachée souvent aromatisée, cuite en terrine. La terrine désigne le récipient et parfois la préparation plus compacte.

14. Peut-on aromatiser le saucisson ou les rillettes ?

Oui, avec herbes, épices, ail, noix de muscade, poivre, ou même un peu de vin ou alcool. Ajouter après cuisson ou directement dans la préparation selon la recette.

15. Comment éviter que le boudin noir éclate à la cuisson ?

Ne pas trop remplir le boyau, cuire à température douce (75–80 °C), éviter l’ébullition et piquer délicatement les bulles d’air.

16. Quelle durée pour la fermentation des saucissons ?

En général 24 à 48 heures à température contrôlée, selon la recette. La fermentation est importante pour la texture et le goût.

17. Peut-on utiliser de la viande congelée pour faire de la charcuterie maison ?

Oui, mais décongeler complètement et bien égoutter la viande avant de commencer. Le congelé peut modifier la texture.

18. Comment conserver le foie gras après ouverture ?

Recouvrir de graisse ou d’un film alimentaire hermétique et conserver au réfrigérateur 3 à 5 jours maximum.

19. Quels types de bois utiliser pour le fumage ?

Hêtre, chêne ou pommier pour un goût équilibré. Éviter les bois résineux qui donnent une saveur désagréable.

20. Existe-t-il des alternatives végétariennes à la charcuterie maison ?

Oui, à base de seitan, tofu fumé ou légumes marinés et séchés. Le goût et la texture diffèrent, mais on peut obtenir des versions “charcuterie végétale” savoureuses.

Pour approfondir vos connaissances et techniques : Le Parisien - Charcuterie maison, CuisineAZ - Recettes 

Et nos articles de blog à lire : 

En maîtrisant ces techniques ancestrales, vous redécouvrez le vrai goût des produits faits maison. La charcuterie artisanale, c’est à la fois un art, un plaisir et une étape vers plus d’autonomie alimentaire.

Vous débutez ? Découvrez nos outils indispensables pour la charcuterie maison sur Ustensile de chef .

 

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1 commentaire

Pourquoi agrémenter votre article d’images faites grace à l’intelligence artificielle? Du coup on se demande si vos recettes marchent vraiment.

JB

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